Le SOPK anciennement syndrome de Stein-Leventhal

Le SOPK semble toucher de plus en plus de femmes. Nous en avons conscience au sein de la communauté Ma Vie Après. Cette pathologie peut à la fois être découverte et diagnostiquée à l’arrêt de la pilule (parfois la pilule étant prescrite si tôt que certaines pathologies n’ont pas le temps d’être diagnostiquée. Elles le sont suite à l’arrêt de cette contraception hormonale lorsque le cycle au naturel revient, non sans quelques complications). 

Mais aussi, il est possible que la pilule ait été prescrite comme “traitement” à cette pathologie diagnostiquée. Dans ce cas, la personne peut souhaiter arrêter la pilule pour vivre son cycle de façon plus naturelle et laisser son corps reprendre ses droits.

Dans les deux cas, pour la personne ayant cette pathologie, cela peut être une grande source d’inquiétude. Nous en reparlerons mais en attendant, si tu es dans ce cas, tu peux retrouver un Topic dédié sur Le Cocon, le réseau social pour les personnes souhaitant retrouver leurs cycles naturels.

Disclaimer : cet article n’a pas pour but de vous amener à faire votre auto-diagnostic du SOPK. Cet article a pour but de vous donner le maximum d’information sur le SOPK et sur les différents symptômes que l’on peut retrouver. N’oubliez pas que le diagnostic doit être posé par un gynécologue.

Le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) aussi appelé syndrome de Stein-Leventhal, est une pathologie endocrinienne dûe à un déséquilibre hormonal. Ces formes d’expressions sont plurielles selon les femmes et ne sont pas toutes présentes. Toutefois, les principaux symptômes sont : 

  • des cycles irréguliers (souvent long, ou trop court) lié à une dysovulation (trouble de l’ovulation)
  • de l’hirsutisme : pilosité importante au niveau du visage ou sur d’autres parties du corps
  • de l’acné 
  • une prise de poids ou une difficulté à en perdre

Les symptômes sont plus ou moins présents et importants selon les femmes. Cela dit, ce n’est pas parce que vous présentez l’un ou quelques uns de ces symptômes que vous êtes nécessairement atteinte du SOPK. Le diagnostic doit être posé par un professionnel à la suite d’un bilan gynécologique, comprenant généralement une échographie pelvienne.

Ce que l’on constate généralement

Absence de la fluctuation hormonale

Pour la suite, nous allons employer les termes “cycle moyen” car nous n’aimons pas dire “normal”. En effet, il n’y pas de normalité en ce qui concerne le cycle menstruel. Il y a cependant une moyenne théorique de ce que représente généralement un cycle (ovulation/menstruations). Lors d’un cycle menstruel moyen, il y a une fluctuation des hormones sexuelles tout au long du cycle. Elles permettent de donner lieu à l’ovulation, à l’épaississement de la muqueuse utérine, etc. 

Découvrir le ballet hormonal qui régit notre cycle menstruel

Pour les femmes atteintes du SOPK, ces fluctuations hormonales sont généralement faibles, ce qui ne stimule pas le déclenchement d’une ovulation. Par ailleurs, le taux de LH de base est souvent plus élevé que le taux de FSH et le pic de LH ne se produit pas en cours de cycle (ce qui ne déclenche donc pas d’ovulation).

Taux de testostérone élevé

Le taux de testostérone produit par les ovaires en cas de SOPK est plus élevé que la normale. C’est notamment ce qui est à l’origine de l’acné (par production accru de sébum) et de l’hirsutisme. 

Taux d’insuline élevé

L’insuline est une hormone produite par le pancréas qui permet la régulation du taux de sucre dans le sang. Chez les femmes atteintes du SOPK, le taux d’insuline de base est généralement élevé, impliquant une résistance à l’insuline. Les récepteurs ne sont plus sensibles à cette hormone, donc le taux d’insuline est constamment élevé. Ce taux élevé et cette résistance peuvent amener à d’autres troubles dans l’organisme comme le syndrome métabolique (qui regroupent diverses pathologies, diabète, obésité, cholestérol…).

Problèmes métaboliques

Les personnes atteintes du SOPK sont potentiellement plus sujettes aux problèmes métaboliques qui regroupent différentes pathologie : problème de gestion de poids (notamment du fait de la résistance à l’insuline, certaines personnes peuvent avoir du mal à perdre du poids. Avec notamment une répartition des graisses situées au niveau du tour de hanche.), diabète de type 2, problèmes cardiovasculaires… C’est notamment le type d’évolution que le SOPK peut avoir avec l’âge. C’est pourquoi le SOPK est à accompagner avec certaines mesures d’hygiène de vie dès son diagnostic afin de limiter son évolution vers les troubles métaboliques.

Comment est-il diagnostiqué ? 

Se rendre chez le bon praticien

Seul un gynécologue est apte à poser le diagnostic de SOPK. Cela se fera à la suite d’un bilan gynécologique comprenant notamment des questions (concernant le cycle menstruel, durée, etc.), une analyse sanguine est généralement prescrite pour doser notamment les taux de certaines hormones (LH, FSH, prolactine testostérone…), le taux de sucre dans le sang et le taux de cholestérol. Ainsi qu’un examen plus fonctionnel avec une échographie pelvienne, pour pouvoir regarder les ovaires. 

Chez les femmes atteintes de SOPK, les ovaires peuvent être plus gros que la moyenne et comporter des petits kystes généralement bénins. L’on parle de “kystes”, néanmoins il s’agit plutôt de plusieurs follicules non arrivés à maturation dont le développement est bloqué par l’excès d’hormones androgènes, hormones dites masculines. On les retrouve de façon normale en petite quantité chez la femme car ils sont précurseurs de l’oestradiol (néanmoins chez les femmes atteintes de SOPK leur taux est généralement trop élevé)

Le diagnostic du SOPK est ce qu’on appelle un diagnostic d’éviction/d’exclusion. On entend par là que les symptômes du SOPK sont aussi des symptômes qui peuvent être liés à d’autres pathologies que le SOPK (hirsutisme, anovulation…). Donc on va d’abord chercher à regarder qu’il ne s’agit pas de ces pathologies là avant de conclure qu’il peut s’agir du SOPK. 

On cherchera déjà à écarter : 

  • une hyperprolactinémie
  • un problème de thyroïde
  • une anovulation hypothalamique fonctionnelle (dûe à un stress intense, une perte de poids…)

Retenez que ce n’est pas parce que vous présentez des troubles du cycle, de l’acné ou de l’hirsutisme que vous êtes forcément atteinte du SOPK.

Consensus de Rotterdam (2003)

Ce sont différents critères qui aident au diagnostic du SOPK pour les praticiens. Les critères sont :

  • l’anovulation chronique, ou oligoanovulation 
  • hyperandrogénisme biologique (par mesure lors de prise de sang) ou clinique (acné, présence de poils durs et pigmentés dans des territoires dits masculins -visage, thorax, dos, ligne blanche, creux inguinaux, faces internes et postérieures des cuisses-…).  
  • la présence de kystes ovariens lors de l’échographie pelvienne (d’au moins 20 follicules de 2 à 9 mm de diamètre par ovaire ; et/ou de volumes ovariens supérieurs à 10 ml par ovaire) 

Il faut présenter au moins 2 de ces 3 critères pour que le diagnostic de SOPK soit posé. De fait, à l’arrêt de la pilule, on peut parfois présenter certains de ces critères sans pour autant être diagnostiquée SOPK. N’oubliez jamais que le diagnostic doit être posé par un gynécologue. Ne faites pas votre auto-diagnostic à la lecture d’articles sur internet.

Dernières évolutions au sujet des critères de Rotterdam (2018)

En 2018, il y a eu de nouvelles modifications concernant ces critères en les mettant un peu au goût du jour. Notamment concernant la façon d’analyser ces 3 différents critères et afin d’avoir un diagnostic encore plus précis. 

Ces nouveautés concernent : le nombres de follicules recherchés par ovaire (20 au lieu de 12 lors d’une échographie réalisée par voie endovaginale) et le taux de testostérone évalué selon d’autres critères. 

Zoom sur les signes d’hyperandrogénie clinique

Acné sévère et séborrhée : l’acné doit être inflammatoire sévère et toucher au moins deux régions différentes (visage, buste, dos…).

Alopécie androgénique : alopécie située au niveau supérieur du crâne (le vertex) et qui peut être partielle à complète.

Signes de virilisation : ils restent exceptionnels dans le SOPK et si détectés, ils doivent amener à rechercher une étiologie tumorale (morphotype masculin, raucité de la voix, hypertrophie musculaire, hypertrophie clitoridienne et des grandes lèvres, micromastie).

Oligoanovulation : se caractérise par des troubles de l’ovulation qui amène à une irrégularité des cycles de façon répétée.

  • cycles longs (35 à 45 jours) 
  • ou spanioménorrhée (mois de 8 épisodes de règles par an)
  • aménorrhée secondaire (absence d’ovulation et donc de règles pendant plusieurs mois)

Quels sont les causes du SOPK ? 

A ce jour, il n’y a pas une cause définie qui est à l’origine du SOPK. C’est plutôt une multitudes de facteurs, eux-mêmes à l’origine de différents symptômes qui font que l’on en vient à poser ce diagnostic.

L’inflammation chronique

Un des éléments qui semblent marquer la plupart des femmes qui sont atteintes de SOPK, c’est l’inflammation chronique, notamment l’inflammation au niveau digestif. Cela est le résultat d’une sensibilité accrue au niveau digestif et d’un appauvrissement de la flore intestinale ayant rendu fragile voire perméable la muqueuse intestinale

Ce qui permet à des toxines produites par une bactérie négative dans l’intestin (les lipopolysaccharides (LPS)) de traverser la paroi et se retrouver dans la circulation. Ces LPS activent le système immunitaire qui sait qu’elles n’ont rien à faire là. Ce qui amène à une inflammation chronique.

Par ailleurs, la stimulation excessive du système immunitaire interfère avec les récepteurs insuliniques. Cela augmente l’insuline dans le sang et amène à augmenter la production de testostérone par les ovaires. Ce taux élevé de testostérone interfère lui-même avec le développement du follicule ce qui est une des raisons pour laquelle les femmes atteinte de SOPK n’ovule pas de manière régulière.

L’inflammation chronique peut aussi affecter l’ovaire lui même, faisant “buguer” la production de progestérone. Faible progestérone (en relation avec les œstrogènes) et taux de testostérone élevé = situation classique des femmes avec SOPK.

Ces troubles inflammatoires peuvent être en lien avec de nombreux facteurs liés en (grande) partie à nos modes de vie actuel : 

  • alimentation peu riche et vide de nutriments 
  • stress chronique
  • pollution

Le facteur génétique

Une des pistes du développement du SOPK chez les femmes est aussi recherché au coeur du dysfonctionnement endocrinien avec des marqueurs de transmission transmis de façon génétique. Des recherches sont en cours sur ce sujet là. Aujourd’hui aucune étude ne semble pouvoir mettre en évidence cet aspect de façon concrète. Cependant cette piste est activement étudiée. Les études ayant déjà été faites montrent qu’il peut y avoir un lien mais que cela reste assez variable selon les patientes. 

Différents types de SOPK ? 

On parle souvent d’une classification du SOPK, avec différentes catégories, correspondant à des symptômes prédominants. Cette classification peut être intéressante à considérer. Mais il ne faut, en fait, pas oublier, en premier lieu, que le SOPK est une pathologie multifactorielle et qu’il n’existe pas de consensus sur ces types/catégories de SOPK. Ainsi, il conviendra de toute façon d’agir sur plusieurs niveaux avec plusieurs actions, quelques soient les symptômes prédominants.

SOPK de type résistance à l’insuline

Comme vu plus haut, l’insuline est une hormone sécrétée par le pancréas pour réguler le taux de sucre dans le sang. En cas de SOPK, on peut faire face à une résistance à l’insuline. C’est-à-dire que les cellules qui réagissent à l’insuline en temps normal et qui permettent de faire baisser le taux de sucre dans le sang, là ne réagissent plus. 

Cela entraîne un excès de sucre dans le sang (qui n’est plus ou moins jamais stabilisé) tandis que le pancréas continue de produire de l’insuline (celle-ci n’étant pas “captée” par les cellules réceptrices) et l’insuline en excès stimule la production de testostérone (cette même hormone qui entraîne différents symptômes caractéristiques du SOPK comme vu plus haut). 

“ Comme l’hyperandrogénisme semble participer à l’insulino-résistance, ces diverses interactions ont le potentiel d’aboutir à un cercle vicieux dans lequel l’hypersinulinisme induirait une production exagérée d’androgènes, qui à leur tour participeraient à l’aggravation de la résistance à l’insuline. ”

Revmed.ch

SOPK “post pilule”

Il est possible que le SOPK soit masqué par la prise de la pilule à l’adolescence et qu’on ne le “détecte” que suite à l’arrêt de la pilule. Il est possible également que le SOPK apparaisse suite à l’arrêt de la contraception hormonale.

La contraception hormonale inhibe les productions naturelles d’hormones sexuelles au sein de l’organisme. Et lors de l’arrêt, ces productions hormonales reprennent petit à petit. C’est souvent à ce moment là qu’il y a des petits “bug” car il faut un certain temps pour que l’organisme et le ballet hormonal naturel retrouve son équilibre.

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On fait notamment souvent l’expérience d’une montée fulgurante du taux de testostérone qui était alors sous pilule complètement inhibé (coucou l’absence de libido -entre autre-). Et on l’a vu, un taux élevé de testostérone entraîne divers symptômes que l’on retrouve dans le cadre du SOPK. 

SOPK & stress

Ce type de symptômes lié à ce profil de SOPK, est en fait énormément lié à un stress chronique. Cela est dû au fait que le stress entraîne une réaction en chaîne au sein de l’organisme (d’ailleurs c’est valable dans le cas du SOPK, mais bien sûr dans le reste des cas aussi). Rappelons que le stress est avant tout un mécanisme de défense pour se protéger (fuir un danger). Lorsque l’on entre en phase dite de “résistance”, c’est que le stress commence à réellement devenir impactant pour le reste de l’organisme. Le message envoyé est clairement “il faut se protéger”. Le corps va se mettre à produire du cortisol (une des hormones du stress). Et lorsque le corps produit cette dernière, il se met aussi à produire plus de glucides afin de faire face aux dépenses énergétiques nécessaires pour fuir ce “danger”. 

De fait, plus de glucides (plus de sucre) = plus de production d’insuline pour réguler le taux de sucre dans le sang. MAIS dans le cadre du SOPK, il n’est pas rare que les récepteurs d’insuline soient bloqués (Cf. SOPK de type résistance à l’insuline). De fait, cet “excès” d’insuline favorise la production d’hormones androgènes (testostérone) et donc les symptômes associés (hirsutisme, acné…). 

“Le stress est donc un facteur aggravant les symptômes classiques du SOPK.”

SOPK & inflammation

Comme nous l’avons vu précédemment, l’inflammation chronique est également un marqueur que l’on retrouve fréquemment chez les personnes atteintes de SOPK. Cette inflammation est elle-même le résultat de notre hygiène de vie et de notre environnement (stress, alimentation, pollution et toxines environnementales, perméabilité intestinale…). Néanmoins, il est important de relever que de nos jours de nombreuses personnes sont victimes d’inflammation chronique au sein de leur organisme, parfois même sans avoir conscience.

De façon générale, de nombreux signes/symptômes peuvent montrer qu’il y a une inflammation : eczéma, dermatite, psoriasis, intolérance alimentaire, allergies…

L’inflammation chronique entretien et entraîne la persistance ou l’aggravation de certains autres symptômes liés au SOPK, à savoir : les troubles de l’ovulation, des éventuelles douleurs accrues pendant le cycle…

L’inflammation est une caractéristique que l’on prendra quasiment toujours en compte dans le cadre de l’accompagnement naturopathique du SOPK.

Pour conclure

Cette pathologie semble toucher 10% des femmes selon l’INSERM. Sur notre site, sur notre compte Instagram Ma Vie Après et sur Le Cocon, nous échangeons régulièrement avec des femmes qui sont diagnostiquée SOPK. Et aujourd’hui, la médecin allopathique ne semble pas fournir énormément de réponse pour aider ces femmes à mieux vivre avec leur cycle et cette pathologie. La pilule est souvent prescrite comme seule solution pour “réguler le cycle” et atténuer les symptômes flagrant du SOPK (acné kystique, hyper pilosité…). Dans cet article, nous souhaitions déjà vous donner un maximum d’informations relatives à cette pathologie afin de mieux en comprendre les mécanismes.
Dans un prochain article, nous parlerons plus en détail des possibilités d’accompagnement naturopathique dans le cadre du SOPK. Il est effectivement possible, grâce à certains conseils et certaines mesures d’hygiène de vie, de rendre le quotidien des femmes atteintes de SOPK, plus doux.