Ou comment contrer tous les arguments de ceux qui pensent que la contraception naturelle n’est pas fiable. Titre putaclic certes, mais article nécessaire.

Peu importe dans quel cas tu te trouves :

  • Que tu aies des apprioris
  • Que tu doutes sur l’éventualité de passer à la contraception naturelle
  • Que ton entourage te fasse peur et que tu souhaites pouvoir leur répondre

C’est pour toutes ces situations que nous avons voulu rédiger cet article. Nous avons aussi vécu ces étapes, voire, pour la dernière nous la vivons encore parfois ! D’autant plus lorsque nous parlons à des néophytes de contraception naturelle. Il est temps de mettre en avant les faits et pas seulement des chiffres qui veulent tout et rien dire. Il est important de creuser nos recherches et de trier le vrai du faux. Et ça, ce n’est pas toujours facile.

Argument 1 : La contraception naturelle à 24% de taux d’échec

“Ce n’est pas fiable”

Avant de commencer, il est important de rappeler que toutes les méthodes de contraception naturelle ne se valent pas. Il en existe des tas : Ogino, Billings, retrait, méthodes de températures, etc. Pour celles-ci, des études ont démontré que, en effet, elle manque de fiabilité. En revanche, sur notre site, lorsque nous évoquons la contraception naturelle nous parlons de la méthode des indices combinés, plus communément appelé méthode symptothermique. Et pour celle-ci, des études ont montré qu’elle était fiable. Tout autant que la pilule peut l’être en tout cas.

“La gynéco : sur le papier c’est bien mais dans la réalité ça ne marche pas !”

C’est quoi ce chiffre de 24% de taux d’échec alors ?

Une étude datant de 2011 mélangeait toutes les méthodes de contraception naturelle. Elle annonçait alors un taux d’échec de 24%. Mais ce chiffre est totalement biaisé. En effet, en mélangeant l’ensemble des taux d’échec des méthodes naturelles, nous comprenons bien que ce chiffre veut tout et rien dire. Le taux d’échec est complètement différent lorsque l’on dissocie chacune des méthodes. Méthode ogino, billings, retrait, symptothermie, etc. chaque méthode est différente. Toutes les mélanger reviendra à comparer le taux d’échec du préservatif additionné à celui du DIU avec celui de la pilule. Ca n’a aucun sens.

De plus, une nouvelle importante qui est tombée il y a quelques jours : Aux Etats-unis, les CDC (Centre for Disease Control) ont changé leur positionnement via à vis des contraception naturelles. En effet, c’est eux-même qui avancaient le chiffre de 24% de taux d’échec en mélangeant toutes les méthodes de contraception naturelle. A présent, et grâce à une pétition de Womanhood, il y a eut un premier changement. Ils parlent aujourd’hui de 2 à 23% d’échec. Les méthodes ont été dissociées et on reconnaît à présent la fiabilité des méthodes basées sur l’obeservation du cycle comme la symptothermie ou méthode des indices combinés. (merci à @aline.mainix sur instagram pour le partage de l’information, qui tombe à pix pour la rédaction de l’article)

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Alors, est-ce que c’est une méthode fiable ou pas ?

“Ca ne fonctionne pas, tu vas devoir avorter tout le temps”

Petit test chez toi : Lorsque tu es face à un sceptique de la contraception naturelle demande lui ce qu’il en est de la pilule. Cette dernière a beaucoup trop été idéalisée en France. On lui fait beaucoup trop confiance. Alors qu’en vérité, nous n’avons aucune idée de la manière dont elle fonctionne, le véritable impact sur notre corps ou encore comment notre cycle menstruel fonctionne. Et tout ceci à un impact assez grave sur les mentalités. On oublie beaucoup trop qu’aucune méthode de contraception n’est efficace à 100%. On répète tous ensemble : AUCUNE méthode de contraception n’est efficace à 100%.

Alors mettre en avant la réalité sur la possibilité d’avoir recours à la pilule du lendemain ou d’avorter est un fait. Mais elle s’applique pour TOUTES les méthodes de contraception. Et les risques sont sensiblement les mêmes avec la pilule et la symptothermie.

En fait, pour tout te dire, ce genre de discours nous fatigue et nous n’allons pas manger nos mots dans cet article. La vérité est que le “pro-pilule” se voilent la face. Nous allons tout de même le préciser mais nous parlons de la pilule dans ces termes dans le cas de contraception et non d’un médicament pour aider à mieux vivre une maladie. Il n’empêche qu’il ne faut pas nier les risques sur notre santé de la prise d’un comprimé quotidien qui joue avec nos hormones. Bref, ceci étant dit, continuons.

Parlons avortement

“Bientôt l’avortement ! Tu es irresponsable”

Nous allons faire une mini parenthèse sur l’avortement. Il fera certainement l’objet d’un article complet. Notre droit à l’avortement est un droit qu’il faut protéger.

A l’heure actuelle, il faut savoir qu’il est remis en cause. De nombreuses associations religieuses souhaitent le supprimer. Tu as certainement pu voir ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis, en Alabama. Là-bas, les médecins ne peuvent plus pratiquer l’avortement, sous peine d’une très lourde peine. Et ce, même en cas de viol. Je ne sais pas si tu te rends compte. Qu’on soit pour ou contre, là n’est pas le problème. Notre corps, nos choix, et en Alabama, les femmes* n’ont plus la possibilité de faire un choix !

Hors chaque personne avec utérus peut avoir un jour ou l’autre besoin de cette pratique. Elle n’est en rien anodine, mais le fait d’avoir un enfant non désiré l’est encore moins. C’est la femme* qui subit les conséquences de l’acte : la grossesse. Pour autant, l’acte provoquant potentiellement grossesse, se pratique à deux. La contraception, ses conséquences, ses inconvénients devraient donc être partagés !

Argument 2 : Nos grands-mères se sont battues pour obtenir la pilule

“Dire que tes grands mères se sont battues pour ça ! Ingrate”

C’est un argument un peu facile et surtout extrêmement faux. Les femmes à l’époque se sont battues pour obtenir un droit à la contraception et plus largement au droit de disposer librement de leur corps. Et nous ne les remercierons jamais assez pour ce combat. Aujourd’hui, notre combat c’est d’obtenir une contraception qui ne nous fait pas souffrir ! Nous sommes donc bien loin d’être des ingrates. Nous sommes pour la contraception, mais pour une contraception qui ne nous fait pas souffrir, plus égalitaire. C’est notre combat actuel.

Argument 3 : Nous ne pouvons pas savoir la date de notre ovulation et nos jours fertiles avec précision

Nous le répétons aussi souvent dans nos article : Nous avons peur de ce que nous ne comprenons pas. Et cette remarque le montre très bien. Si nous sommes correctement informées de la manière dont fonctionne le corps féminin*, nous comprendrons assez facilement comment définir sa période fertile et infertile. Et au-delà de se servir de ces informations comme méthode de contraception, elles sont essentielles pour nous, pour comprendre notre corps, son évolution, ses changements au long du cycle etc. Tout s’explique, rien n’est fait par hasard et clairement, c’est fascinant !

“C’est pas fiable, c’est plus pour planifier une grossesse qu’en empêcher une”

Si nous pouvons identifier avec précision la période fertile pour planifier une grossesse, nous sommes donc capable de nous en protéger. Non ? Il suffit simplement de ne pas pratiquer de sexe avec pénétration durant cette période, ou alors d’utiliser une méthode de contraception barrière.

Argument 4 : L’abstinence n’est pas une contraception

Cet argument est avancé dans le cas où la symptothermie se pratique avec l’abstinence en période fertile.

Chaque couple est différent, et chez certain, l’abstinence est une réalité comme une autre et laisse la place à d’autres pratiques sexuelles aussi. Émettre un jugement sur la pratique sexuelle du couple ou de la personne que nous avons en face de soi est totalement déplacé. Nous sommes dans le cadre de l’intime et aucun jugement doit être émis (à partir du moment où ça ne dépasse pas le cadre légale, hein, nous sommes d’accords).

Un petit chiffre : en moyenne les français font l’amour 5 fois dans le mois. Est-ce que cela vaut le coup de prendre un comprimé qui bousille notre corps ?

“La seule contraception naturelle efficace est l’abstinence”

En période fertile pourquoi ne pas pratiquer le sexe autrement ? Pourquoi penser seulement pénétration alors que de nombreuses autres manière d’avoir des rapports sexuels existent ? Ce n’est d’ailleurs pas pour cela qu’elles ne donnent pas autant de plaisir, pour les femmes c’est parfois même plus agréable ! La pénétration n’est pas la finalité de tous les moments d’union, ça aussi c’est une idée à déconstruire, nous en reparlerons ! En attendant, tu peux aller voir sur le compte instagram de jouissance.club.

Argument 5 : La contraception naturelle demande trop de régularité / Il ne faut pas se tromper

“Tu te prends la tête, c’est plus simple et plus sûr de prendre la pilule”

Tellement plus efficace et facile de dédier sa contraception à une simple prise d’un comprimé quotidien, à la même heure, tous les jours de sa vie. On voit les inconvénients là où on veut bien les voir. Prendre un comprimé chaque jour à la même heure est aussi contraignant que la prise de température quotidienne à la même heure.

Préférer rester ignorant sur notre corps est aussi un inconvénient comme le fait de se documenter sur le fonctionnement de notre cycle. Bref, tu as compris l’idée. On voit l’inconvénient là où ça nous arrange…

A partir du moment où l’habitude est acquise, ce n’est plus un inconvénient. La prise de température et l’analyse de son corps font ensuite parti de notre quotidien. Les informations acquises ne sont plus à apprendre. Il suffit d’un petit temps d’adaptation à la nouvelle routine, c’est simplement ça ! Et la finalité en est d’autant plus glorieuse, tu apprends à réellement vivre avec ce corps qui est le tien !

Argument 6 : Le retrait n’est pas une méthode fiable

“C’est obsolète”

Lorsque nous parlons de méthode de contraception naturelle, nous ne parlons pas de la pratique du retrait. Or c’est souvent un argument qui est mis en avant, à tort.

Le retrait est une pratique qui consiste à contrôler l’éjaculation pour que celle-ci ne se passe pas à l’intérieur du vagin. Nous ferons un article dédié à ce sujet afin de bien développer et comprendre cette pratique, qui est finalement assez flou au niveau compréhension. Dans tous les cas, à l’arrêt de la pilule, il n’est pas question d’utiliser le retrait comme méthode de contraception naturelle fiable ! Ce n’est pas la question, tout simplement.

Lorsque nous parlons de contraception naturelle, nous parlons bien de méthode à indices combinés ou symptothermie. Il n’est pas question d’autres choses.

Argument 7 : Tu ne sais pas ce que tu fais / Tu es inconsciente

“Ca n’a jamais marché” ou encore “C’est dangereux”

Arrêtons de nous infantiliser tout le temps ! Nous ne sommes pas des irresponsables et avons bien conscience de l’importance de la contraception. Ce n’est pas à prendre à la légère et c’est bien pour cela que nous nous informons. Que nous savons comment notre corps fonctionne, de manière scientifique avec des preuves, tout ça tout ça.

Qui sont les plus irresponsables : ceux qui n’ont aucune conscience de leur fertilité ou ceux qui s’informent et connaissent leur corps ?

Autre question également : Qu’en est-il des hommes et de leur fertilité ? Ce n’est pas des reflexions qu’ils peuvent avoir et pourtant, ils sont fertiles plus longtemps que nous…

Nous savons ce que nous faisons. C’est d’ailleurs une méthode qui va au delà de l’aspect “contraception”. C’est aussi une méthode de “compréhension” de son corps. Connaître son corps, c’est l’accepter, l’accompagner, le comprendre. Vivre dans un corps dont on comprend l’expression, c’est bien plus passionnant que de résumer sa contraception à la prise d’un comprimé qui bloque l’une de nos fonctions naturelles !