En parcourant internet, en te documentant, en lisant des informations sur la contraception, tu es certainement tombée sur des tableaux avec des indices de Pearl pour comparer les différentes méthodes de contraception. Mais qu’est-ce que cet indice ? A quoi sert-il ? Peut-on s’y fier ? Nous te répondons dans cet article.

Qu’est-ce que cet indice de PEARL ?

On mesure l’efficacité théorique d’une méthode de contraception avec l’indice de PEARL. Celui-ci correspond, sur un an d’utilisation, au pourcentage d’échec de la contraception, soit le pourcentage de grossesses “accidentelles” ou non désirées.

Ainsi, c’est un indice que tu risques de retrouver dans plusieurs de nos articles puisqu’il démontre la fiabilité ou non des méthodes de contraception. Il peut donc permettre de prouver la véracité de nos propos et d’appuyer certains faits.

Qui l’a créé ?

Introduit en 1933, on doit cet indice à Raymond Pearl : Biologiste américain qui a beaucoup travaillé sur la vulgarisation scientifique.

A quoi sert-il ?

Comme dit précédemment, il permet de comparer, d’évaluer et de classer les différents types de contraceptions en utilisation théorique et pratique, selon les données récoltés.

Comment est-il déterminé ?

L’indice de PEARL est calculé grâce à une formule assez complexe. Les données utilisées proviennent d’études scientifiques menées sur des femmes. Il est calculé en divisant le nombre moyen de grossesses non désirées par le nombre de mois d’utilisation. On multiplie ensuite ce résultat par 1200. Nous obtenons ainsi le pourcentage de femmes ayant eu des grossesses non désirées sur un an d’utilisation de la méthode de contraception observée.

Les limites de l’indice de Pearl : Efficacité théorique et efficacité pratique

Ainsi, l’indice de Pearl détermine l’efficacité théorique des contraceptions, c’est à dire leur efficacité dans le cas où elles sont utilisées de façon optimale. Cependant, l’être humain n’est pas parfait et ne parler que de théorie ne met donc pas en avant les risques de grossesses dans la vie courante. En effet, l’indice théorique ne prend pas en considération les erreurs et accidents possibles comme un préservatif qui se déchire ou encore l’oubli de la pilule. Ces erreurs là ne sont pas dû à la méthode de contraception en elle-même mais bien des utilisateurs. C’est pourquoi on associe bien souvent l’indice de Pearl à l’efficacité pratique. Ainsi, en associant les deux indices, on se rend facilement compte et de manière certaine, de l’efficacité ou non d’une méthode de contraception.

A noter : Cet indice de Pearl est parfois contesté. En effet, on sait que le taux d’échec d’un moyen de contraception est généralement plus grand la première année d’utilisation et décroit avec l’expérience. Ainsi, en ne faisant qu’une moyenne globale, il minorerait la première année d’utilisation. Il reste toutefois l’un des seuls chiffres fiables disponibles à ce jour. En se référant à cet indice, il permet de se rendre compte de manière globale des risques potentiels de grossesse. Et associé à l’indice en pratique, il démontre d’autant plus la fiabilité ou non des moyens de contraceptions.

choix méthode de contraception

Méthode de contraception et indice de PEARL

Il serait important de commencer par une information : AUCUNE contraception n’est fiable à 100% hormis l’abstinence… Mais dans ce cas, peut-on réellement parler de méthode de contraception ? Cela veut dire que même dans le cas de vasectomie ou de ligature des trompes, le risque existe.

Les indices de Pearl selon les méthodes de contraception

Tous les chiffres présents dans le tableau sont tirés des recherches effectuées pour Livre “J’arrête la pilule” de Sabrina Debusquat. Vous trouverez à la fin de cet article toutes les sources qu’elle a utilisé.

Pour expliquer un peu plus ce tableau, lorsqu’il est indiqué deux nombres pour les méthodes naturelles avec méthode barrière durant la période fertile, le second indice correspond à l’indice de Pearl de la méthode barrière. La combinaison des méthodes naturelles avec méthode barrière est ce qui se rapproche le plus de la réalité, c’est donc ceux à prendre en compte pour évaluer les méthodes naturelles. Également, en période fertile, c’est donc l’indice de la méthode barrière qui est à prendre en compte.

Méthode de contraception Utilisation parfaite Utilisation courante
Implant 0,050,05
Stérilisation masculine (vasectomie) 0,10,15
DIU hormonal 0,20,2
Stérilisation feminine (ligature) 0,50,5
DIU cuivre 0,60,8
Injectables mensuels 0,053
Méthode de Creighton + abstinence 0,1 – 0,53 – 5
Symptothermie + abstinence 0,40,6
Symptothermie + préservatif masculin 0,4 – 21,43 – 15
Méthode des températures via moniteur 0,5 – 24 – 15
Méthode d’auto-observation (CLER) + préservatif 1 – 26 -15
Pilule 0,38
Anneau vaginal combiné 0,38
Méthode Billings 1,5 – 310 – 22
Préservatif masculin 215
Diaphragme et spermicide 616
Méthode des températures basales 125
Préservatif féminin 521
Retrait 427

Indice de Pearl et méthode de contraception naturelle

Il existe un grand nombre de méthode de contraception naturelle. Et certaines ont un taux d’échec que nous pouvons considérer comme élevé. Cependant, ces méthodes de contraception naturelle en particulier ne se basent que sur un des indices de la méthode dont nous vous parlons souvent (méthode des indices combinés). En combinant tous les indices que nous offrent notre corps, nous arrivons à des taux de fiabilité considéré comme élevé, atteignant ceux de la pilule.

Les indices de Pearl selon les différentes pratique de la symptothermie

Différentes pratiques de la symptothermie Utilisation parfaite
Abstinence en période fertile 0,4 à 0,6
Rapport protégé en période fertile (préservatif, diaphragme, etc.) 0,4 à 1,43
Retrait ou contact génital 1,2 à 4,54
Rapports non protégés en période fertile 7,5 à 9

Les méthodes de contraception naturelle ne sont pas fiables ?

Ainsi, il est très probable que tu entendes que les méthodes de contraception naturelle ne sont pas fiables or ce n’est pas tout à fait exact. Nos grands-mères ont beaucoup utilisé ces méthodes de contraception, et on connaît le nombre de grossesses non désirées. La raison est qu’elles ne se basaient que sur un seul indice comme la méthode Billings, Ogino, Creighton, méthode du retrait, etc.

Les chiffres parlent d’eux-même, en utilisant la symptothermie ou la méthode des indices combinées, l’indice de Pearl est égale à 0,4 et une efficacité pratique de 8. A titre de comparaison, la pilule a un indice de Pearl de 0,3 et une efficacité pratique de 8. Alors, peut-on encore parler de non efficacité des contraceptions naturelles ?

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Comment l’indice de Pearl pour la symptothermie (ou méthode à indices combinées) a été calculé ?

Les chiffres évoqués plus haut ont été tiré d’un publication de la Haute Autorité de Santé daté de 2013. A savoir ici, que le chiffre indiqué pour l’indice en vie courante est valable pour l’ensemble des méthodes naturelles. Il ne concerne donc pas seulement la méthode des indices combinées.

D’autres études ont été menées. Les études des universités de Heidelberg et de Düsseldorf ont permis de sortir les valeurs suivantes :

– Sur 7866 cycles, seulement 3 grossesses non désirées se sont produites. Cela correspond à un indice de Pearl de 0,4, égale donc à ce qu’avait annoncé la Haute Autorité de Santé.

– En efficacité pratique, les études montrent alors que l’indice de Pearl monte à 1,6 en cas d’abstinence dans la période fertile et à 1,8 avec un contraceptif barrière (préservatif) en période fertile. A titre de comparaison, ce même indice monte à 8 en ce qui concerne la pilule.

Ainsi, nous comprenons bien pourquoi nous utilisons l’indice de Pearl pour prouver la fiabilité de la méthode des indices combinées. Vous pouvez consultez toutes les sources que nous vous citons pour les vérifier :
Wikipedia
Étude sensiplan
Étude Symptotherm
– Le livre de Sabrina Debusquat “J’arrête la pilule”

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