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L’injonction au cycle menstruel parfait

L’injonction au cycle menstruel parfait Posted on 3 juillet 2019Leave a comment

Le cycle menstruel parfait existe-t-il ? J’y ai peut être déjà cru, oui. J’y ai certainement cru jusqu’au dernier cycle menstruel que j’ai vécu, il y a quelques semaines.

Cette fois, pour rédiger cet article, je (Maëlle) vais parler à la première personne. Il s’agit de ma dernière expérience personnelle en terme de cycle menstruel et il s’agit du coup de ma vision et de mon interprétation des choses.

Raconte nous ton histoire…

Le curriculum vitae de mon cycle menstruel 

Pour te resituer un peu, j’ai arrêté la pilule contraceptive en septembre 2017. J’écris ces lignes en juin 2019. Cela fait donc presque deux ans que je ne prends plus d’hormones de synthèse et que mon corps a certainement fini par s’en débarrasser.

Par ailleurs, j’ai toujours eu des cycles plus ou moins réguliers. Pendant toute cette période de transition ils duraient souvent entre 35 à 38 jours, ce qui peut déjà sembler long pour un cycle. Bref, j’ai plutôt bien vécu la transition post pilule sans vraiment d’accrochage (mis à part les boutons mais j’ai appris à les apprécier ! Cf, notre Guide Acné Post Pilule) et j’étais heureuse de redonner à mon corps et à mes cycles toute leur liberté.

J’ai aussi toujours porté une attention particulière au cycle lunaire et à sa durée étroitement liée avec celle du cycle féminin. Une chose de plus qui me faisait penser que notre cycle menstruel pouvait tout à fait être aussi parfait et régulier que le cycle de la lune ou le cycle des saisons. Mais je pense que dans cette analyse j’avais oublié de prendre en compte le caractère aléatoire de la vie. Cette vie qui nous met face à différentes situations tout au long de notre existence et face à cela, nous humain, doté d’une capacité d’adaptation assez rare et développée pour répondre présent quelque soit la situation.

Le lien entre le cycle menstruel et les différents cycles de la nature t’intéresse ? Cet article devrait te plaire !

Un graphique comme aucun autre

Pour illustrer mon propos je souhaite te partager ce fameux graphique qui m’a fait (un peu) perdre la tête et qui m’a finalement fait réfléchir.

Je pratique depuis l’arrêt de la pilule la méthode de suivi de cycle menstruel pour comprendre mon cycle et pour savoir où j’en suis au fil des jours, fertile, infertile, etc. C’est à dire que je prends ma température chaque matin, que j’analyse ma glaire cervicale au quotidien et que je suis attentive à tous mes ressentis corporels mais aussi émotionnels au cours de mon cycle. C’est ce que l’on appelle la méthode à indices combinés, ou méthode d’observation de cycle

Ce que tu vois donc sur ce graphique ce sont toutes mes prises de températures au cours de mon cycle, ainsi que quelques annotations fléchées pour illustrer mes ressentis.

Tu ne connais pas la méthode à indices combinés pour faire ton suivi de cycle à l’arrêt de la pilule ? Tout est expliqué dans cet article !

Si je décide de te montrer ce graphique ce n’est pas tant pour faire de la pédagogie vis à vis de la méthode à indices combinés. C’est plutôt pour illustrer mon expérience qui était pour moi une première depuis l’arrêt de la pilule et, de ce fait, pour te présenter la leçon que j’en ai tirée.

Ce que l’on remarque c’est :

  • les parties de la courbe en rouge = saignements intermenstruel ressemblant carrément à des menstruations (au niveau du flux)
  • une séparation pas super super nette entre le plateau de température bas (première partie du cycle à gauche) et le plateau de température haut (seconde partie du cycle, à droite)

C’était la première fois que je vivais les saignements intermenstruels, je n’en avais jamais eu depuis l’arrêt de la pilule. Mes cycles étaient assez carré en terme de construction, ressentis au niveau des ovaires en période d’ovulation et règles en période de menstruations, point.

Au début j’ai pensé que mes menstruations étaient arrivées, tout simplement. Mais pourtant ce n’est pas du tout ce que ma température indiquait, avec des relevés à 36,80°C en températures ce ne sont pas des menstruations. Et voilà que ça durait un jour, deux jours, trois jours… cinq jours ! Je ne comprenais plus rien et ma température était toujours aussi haute…
Évidemment dans un moment comme ça tu te sens un peu perdue. Tu as l’impression que ton corps, ce cher corps a qui tu faisais pourtant confiance, que tu avais l’impression d’écouter chaque jour te jouait finalement la musique à l’envers, que d’un coup il ne collaborait plus…

Ton cycle est ton allié, ne l’oublie pas

Ce que j’ai compris

J’essaye tant que possible de recouper les choses que je vis au quotidien avec les messages que mon corps m’envoie au moment ou je les “capte”. Pour le coup, ces saignements intermenstruels sonnaient comme le fruit d’un énorme coup de stress que j’avais eu quelques jours auparavant. Et si je veux être honnête avec moi même, je dirais même que cela fut l’expression de la grosse pression que je m’infligeais depuis bien 2/3 mois et que j’essayais de dissimuler ou d’écarter chaque fois que j’y pensais.

Or, j’aime répéter que le corps a une mémoire. Lorsque tu sais au plus profond de toi que c’est trop mais que par “norme” ou que pour te faire bien voir, ou encore parce que simplement tu as peur de voir la vérité en face et bien tu enfouis cette réflexion au fond de toi, ton corps lui, n’oublie pas. 

Ton corps le sait, je dirais même que tes cellules en sont imprégnées. Et c’est là l’erreur que l’on fait souvent, on essaye de se surpasser, en pensant se montrer plus fort, on s’affaiblit de l’intérieur… Puis, au moment où nous nous y attendons souvent le moins, notre corps se réveille avec cette fois, la conviction de se faire entendre et de retenir notre attention. 

Ton corps pour se faire entendre utilise des maux, ce sont ses “mots” à lui.

Ton corps ne parle pas le même langage verbal que toi, en revanche le langage de la douleur lui, est universel et c’est le langage qu’il emploiera pour tirer le signal d’alarme avant qu’il ne soit trop tard. Ce sont des messages bienveillants qu’ils nous envoient.

Avec ces saignements intermenstruels, il a vu juste, cela m’a réellement interpellé. Je ne comprenais pas, jusqu’au moment où j’ai fais le lien avec ces choses stressantes qui m’oppressaient depuis plusieurs jours/mois et que je repoussais sans les régler. Par contre, une fois que j’ai compris, j’ai décidé de vite prendre les choses en main. Ce n’est pas facile, ça fait peur aussi parfois mais ta santé en dépend.

La leçon que j’en ai tirée

Au delà du rappel de l’importance d’écouter son corps et les messages qu’il nous envoie, j’en ai tiré une autre leçon : 

Le cycle menstruel parfait n’existe pas et vouloir “normaliser” son cycle menstruel est une erreur d’interprétation.

Je t’explique, j’ai voulu arrêter la pilule en tout premier lieu pour me reconnecter à mon cycle féminin au naturel et vivre les différents changements qui s’opèrent au cours du cycle de manière optimale. J’étais guidée et inspirée par la similitude si forte et si magique entre le cycle féminin et les cycles de la nature (cycle des saisons, cycle lunaire, cycle d’une journée…). 

Au delà même de l’inspiration j’étais tout simplement subjuguée par la perfection que représentent ces cycles de la nature, immuables, intouchables, perpétuels… et c’est finalement cette image de perfection que j’avais fini par transposé sur le cycle menstruel.

Si on laisse notre nature de femme* s’exprimer naturellement alors elle se connecterait au rythme cyclique, immuable et perpétuel des cycles de la nature. Comme des battements de coeur qui prendraient le même rythme au fil du temps… C’est ce que j’avais fini par penser, et c’est ce après quoi j’avais fini par “courir”. 

Et alors, où est l’erreur d’interprétation ? L’erreur c’est que la Vie, notre vie, n’est pas immuable, ni perpétuelle. C’est un fait. Vouloir normaliser notre vie cela reviendrait à dire que nous ne changerions jamais, nous n’évoluerions jamais, nous ne ferions pas d’erreurs, nous aurions toujours les mêmes ressenties, les mêmes humeurs… Finalement à propos de notre cycle menstruel, c’est la même chose. Vouloir normaliser son cycle c’est finalement se mettre un doigt dans l’œil. C’est finalement vouloir brider ci qui fait notre force, soit, notre potentiel d’adaptation !

Mes conseils si cela t’arrive

L’importance du suivi de cycle menstruel

Le message que j’aimerais finalement te faire passer est d’une part qu’il est très important, si ce n’est primordial d’utiliser la méthode d’observation du cycle lorsque tu arrêtes la pilule (ou autre contraception hormonale) ! 

Comme tu as pu le remarquer, c’est le fait que je prenne ma température au quotidien (tu peux télécharger ton diagramme de températures depuis la bibliothèque) et que j’essaye de capter les messages que m’envoient mon corps que j’ai pu remarquer que ces saignements intermenstruels ne correspondaient pas à ma période de menstruation.

Le graphique de printemps 🙂

Sans cela, je n’aurais peut être pas été déboussolée tout de suite, pensant que cela était mes menstruations je ne me serais pas posée de question. En revanche, quelques jours plus tard j’aurais peut être été interpellée par l’arrivée de mes “vraies” menstruations, auquel cas je me serais inquiétée de la durée des saignements, sans comprendre etc.

Bref, pour faire court la méthode d’observation du cycle c’est comme instaurer une ligne téléphonique prioritaire entre ton TOI conscient et ce qui se passe à l’intérieur de ton corps et à l’intérieur de ton utérus. Si cette ligne n’est pas mise en place tu n’as absolument aucun moyen de connexion entre ces deux parties de toi même et tu restes purement et simplement dans l’ignorance, dans l’insouciance, ce qui peut vite devenir problématique. 

Rappelons tout de même qu’à l’arrêt de la contraception hormonale ton corps a plus que tout besoin de soutien et d’attention pour vivre cette transition en harmonie !

Tu ne sais pas comment pratiquer ou commencer à utiliser la méthode d’observation de cycle ? Nous t’expliquons tout pas à pas dans cet article

Le stress est ton pire ennemi

Et oui, le stress encore lui… Ce n’est peut être pas une grande nouvelle et tu le savais certainement déjà mais le stress ajouté à tout cela ne fera que semer la pagaille encore plus… Mais nous stressons facilement dans ces moments et c’est légitime !

Alors mon conseil tu t’en doutes va être le suivant, il faut relâcher la pression et faire baisser le niveau de stress. Facile à dire haha !

Premièrement, le fait d’utiliser la méthode d’observation de cycle va te permettre de mieux comprendre ce qui se passe et te permettre d’être davantage dans l’acceptation et moins dans la peur ou la crainte (qui favorisent le stress).

Par ailleurs, dans ces moments là il est important de redoubler de “temps pour soi”. Cela peut être tout simplement dormir davantage, une chose toute simple mais que nous négligeons souvent, or un bon sommeil est essentiel.

Tu peux ensuite te réserver des moments de détente tout simple, au calme. Prendre le temps de se mettre de la crème ou de l’huile sur le corps, prendre le temps de faire des petits exercices de respirations ou encore prendre le temps de faire une courte méditation.

Par exemple nous avons spécialement créée une méditation pour te permettre de te reconnecter à ton cycle féminin, c’est un très bon moment à s’offrir dans ces moments là.

En quelques mots, prends soin de toi !

Pour conclure cet article j’aimerais juste t’inviter à accueillir le caractère vulnérable de ton cycle menstruel. La vulnérabilité n’est pas une faiblesse, la vulnérabilité te permet justement de savoir t’adapter au changement grâce à ta capacité d’écoute de toi même ! 

Alors accueillons chacune le changement en nous et ne restons pas figée en voulant correspondre ou rentrer dans des normes, même si parfois ces normes semblent saines en apparence.

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