A l’arrêt de la pilule, plusieurs disciplines peuvent nous accompagner. Médecine allopathique et pratiques holistiques sont tout à fait complémentaires. On te parle souvent de la naturopathie pour t’aider dans ta transition mais il est aussi possible de prendre rendez-vous avec d’autres thérapeutes comme un.e ostéopathe. C’est tout le sujet de l’article du jour.

Cet article est tiré de l’interview faite avec Caroline Sinna-Boulant, ostéopathe dans le 9eme arrondissement de Paris. Tu pourras retrouver le podcast en bas de l’article et sur toutes les plateformes d’écoute. On t’invite vivement à aller le consulter, il sera plus complet que cet article !

Qu’est ce que l’ostéopathie ?

L’ostéopathie est une méthode thérapeutique manuelle. Le travail se fait donc via les mains. Le praticien va faire un contrôle de tout le corps et voir à quels endroits il y a de potentiels tensions et déséquilibres, afin d’intervenir sur ces zones, ou d’autres zones reliées. Il est possible que la douleur ne vienne pas de l’endroit où elle est ressentie. Caroline donne l’exemple de quelqu’un qui vient pour une douleur au genou. Le genou fonctionne bien et a une bonne mobilité. Par contre, peut être qu’il y a eu une entorse de la cheville auparavant. Celle-ci n’a pas été bien résolue et c’est cela qui pose problème au niveau du genou. 

L’ostéopathie invite à voir le corps dans sa globalité. Le but est d’aller rechercher la cause du problème et de traiter les dysfonctions qui peuvent être à distance de la douleur (troubles intestinaux, des troubles hormonaux, des migraines, des troubles du sommeil, etc.).

Pourquoi cette pratique peut être intéressante dans la transition post pilule ?

L’ostéopathie va permettre de retrouver son équilibre corporel, sa propre référence. Lorsque nous sommes bien équilibrée, la prise ou l’arrêt de la contraception hormonale, qui provoque un chamboulement, est mieux gérer par le corps. Donc l’idée est de rééquilibrer le corps pour qu’il gère mieux cet événement.

Ensuite, il arrive qu’au niveau de certaines glandes hormonales, il y ait des compressions (muscles, fascias, etc.). L’idée sera donc de décompresser les zones pour que ces glandes hormonales retrouvent leur fonctionnement optimal. 

Ainsi à l’arrêt de la pilule, comme vous le savez, certaines femmes subissent un rebond de l’acné, une aménorrhée ou encore un dérèglement avec des symptômes divers et variés, etc. : l’ostéopathie peut amener a des résultats sur ces symptômes post pilule.

Dans notre corps, tout est relié

Ces pratiques holistiques (qui visent à considérer l’être humain dans sa globalité et non pas, organe par organe), dont l’ostéopathie et la naturopathie, font partie nous pousse à réaliser que tout est relié. Il n’y a pas de fatalité dans les symptômes post pilule que tu peux potentiellement ressentir. Et c’est très important de le rappeler.

Le point fondamental qui relie ces pratiques est le fait que l’on va toujours aller chercher la cause, de la cause, de la cause. On ne va pas seulement se concentrer sur les symptômes pour les faire taire. Et c’est en ça qu’elles sont particulièrement intéressantes en post pilule. D’autant que ces pratiques sont toutes complémentaires. Caroline le précise très bien lors de l’entretien. Puisque tout est lié dans notre organisme, il peut être intéressant d’accompagner le corps de manière pluridisciplinaire : ostéopathie, naturopathie, acupuncture, suivi psychologique, hypnose, sport, yoga, phytothérapie, etc. 

L’arrêt de la pilule va amener à prendre soin de son corps mais aussi à remettre pas mal de choses en question dans notre vie. Trouver des personnes qui peuvent être à l’écoute et nous aider à différents niveaux, c’est vraiment la clé de la réussite de notre transition.

Quand consulter un ostéopathe ?

En amont ou après avoir arrêter la pilule : il est tout à fait possible et envisageable de consulter un thérapeuthe.

Est-ce que l’approche est différente lorsque nous consultons avant l’arrêt plutôt qu’après ?

L’approche ne sera pas forcément différente pour Caroline. C’est plutôt au niveau des résultats qu’elle mise. En effet, en travaillant en amont de l’arrêt sur la décompression des glandes hormonales, elle a beaucoup d’espoir sur le fait que cela puisse aider à ne pas avoir l’effet rebond (potentiel toujours, on le rappel) de l’acné, entre autre.

Quels sont les conseils ?

Dans tous les cas, fies toi à ton ressenti. Tu sais mieux que quiconque si tu as besoin de te faire accompagner et aider.

Si tu sens que la transition peut mal se passer ou simplement que tu as peur et que tu veux mettre toutes les chances de ton côté, il pourra en effet être intéressant d’envisager un accompagnement global. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide !

L’ostéopathie va pouvoir aider en amont de l’arrêt pour rééquilibrer le corps, accepter au mieux les changements hormonaux, aider à la reprise de l’activité des glandes hormonales, etc. C’est vraiment une pratique qui ne pourra t’être que bénéfique à l’arrêt.

Mais pas d’inquiétude, si tu l’as déjà arrêtée, elle pourra également t’aider. Comme toujours, autant que ce soit fait le plus tôt possible aussi.

Petit rappel qui ne fait jamais de mal : ne te met pas la pression en voulant faire trop bien. Laisse toi le temps car le stress est le pire ennemi du cycle.

Combien de séances ?

Il est assez rare qu’une seule séance suffise. Caroline remarque qu’il est souvent nécessaire de prendre 2 à 3 séances. Néanmoins, tout dépend de la personne et de la problématique. Il n’y a pas de règles. Tout comme pour la fréquence d’ailleurs : cela dépendra si la personne consulte régulièrement un ostéopathe, si elle a eu des chocs et des chutes ou encore, son contexte de vie actuel. Tout rentre en compte.

Sur quels endroits du corps l’ostéopathe peut il travailler ?

Il peut exister différentes zones de tentions, cela va dépendre de chaque femme. Avec son expérience Caroline observe des tensions souvent au niveau du bassin (ovaires et utérus) et au niveau du crâne (avec un os qui touche l’hypophyse). D’autres zones peuvent être travaillées comme la thyroïde, les glandes surrénales ou encore le diaphragme. En relâchant et rééquilibrant ces zones de tensions, cette pratique change des choses sur l’axe hormonal. Elle permet de lever des blocages et des tensions peu importe où ils se situent.

Il y a notamment l’axe cerveau/ovaire passant par le foie et les intestins, qu’il est important de considérer avec attention en post pilule (comme on aime te le rappeler dans nos articles :)). L’ostéopathe peut aussi aider à débloquer ces passages.

Comment la naturopathie et l’ostéopathie peuvent elles être complémentaires à l’arrêt de la pilule ?

La naturopathie va venir travailler en interne en particulier, tandis que l’ostéopathie travaillera sur la partie fonctionnelle du corps. Par exemple, à l’arrêt de la pilule, le foie est surchargé. C’est souvent une des causes principales de l’acné hormonale. En effet, le corps (en particulier le foie) va de toute manière devoir éliminer les déchets. Et il trouvera n’importe quelles portes de sorties. En l’occurrence, ici, la peau. Rappelle-toi que ce sont des messages de ton corps qu’il faut interpréter. Tu vas donc pouvoir faire appel à un naturopathe qui va t’aider à soutenir sur ton foie (entre autre axes de travail). L’ostéopathe va pouvoir gérer la partie mécanique, en débloquant des organes qui en ont potentiellement besoin. Le corps doit être pris en charge dans sa globalité. Comme mentionné précédemment, il est possible qu’un symptôme soit en lien avec une tension provenant d’un autre endroit du corps. C’est fascinant !

Cela veut dire aussi une chose : il n’y a pas de fatalité ! Il n’y a que des solutions !