Ce que nous aimerions mettre en avant, c’est bien qu’il n’y pas de consensus sur l’utilité ou la nécessité de faire un arrêt progressif pour stopper sa contraception hormonale. De fait, ce dont il faut tenir compte, c’est que le choix d’arrêter la pilule ou non par sevrage est strictement personnel et dépend de chacun. C’est pourquoi dans cet article nous allons te donner certaines clés pour aiguiller au mieux ton choix, si l’arrêt progressif est pour toi une éventualité.

Car nous rappelons bien sûr que tu n’as peut être aucune envie d’arrêter la pilule par sevrage et que tu souhaites l’arrêter net. Cet article n’est pas absolument pas là pour te convaincre du contraire.

Quelle différence entre l’arrêt progressif, et l’arrêt net ?

L’arrêt progressif, dont on te parle en détail ici (article “tout sur le sevrage”) vise à habituer le corps petit à petit au fait de ne plus ingérer d’hormones de synthèse. L’arrêt net, quant à lui est tout simplement le fait d’arrêter à la fin de sa plaquette ou en cours de plaquette.

LA question principale à se poser ?

Quelle est ta relation actuelle avec ta pilule ?

En messages privés sur notre compte Instagram, plusieurs personnes nous ont déjà demandé ce que nous pensions de l’arrêt progressif. Alors ce n’est pas notre avis qui compte, mais c’est bien le vôtre. A cela nous répondons souvent : tout dépend de ta relation actuelle avec la dite pilule.

“Je nourris une aversion à l’idée de prendre un comprimé de plus”

Si tu te sens oppressée et frustrée d’être obligée de prendre chaque jour cette pilule, alors clairement l’arrêt progressif ne semble pas être pour toi. Certaines femmes font vraiment part de leur aversion à prendre ne serait-ce qu’un comprimé de plus !

Alors là, il n’y a pas photo et on te le dit clairement : te forcer à passer par l’arrêt progressif car tu imagines que ça pourrait être bien, mais qu’en parallèle tu n’en peux plus d’avaler ces comprimés = c’est davantage nocif que bénéfique ! Cela pourrait tout à fait engendrer et nourrir un stress quotidien avec le fait de devoir penser à suivre ton plan de sevrage avec attention. Le stress est un des facteurs principaux qui pourrait clairement noircir le tableau de ta transition post pilule ! En gros, le stress pourrait à lui seul (ou quasiment) annuler les effets escomptés de l’arrêt progressif.

“Prendre un comprimé de plus ou de moins, je ne suis plus à ça près”
Au contraire, si pour toi ça semble ok de prendre encore plusieurs comprimés échelonné sur plusieurs mois et que cela ne te procure pas un dégoût ou un stress, alors tu peux envisager le sevrage en tenant compte des points suivants !

Tenir compte de ta santé actuelle

Ce point nous souhaitons le mettre en avant, non pas car il s’agit d’un pré-requis clé pour pratiquer ou non l’arrêt progressif, mais pour ramener un peu de bon sens lorsque l’on se questionne à propos du sevrage.

Chaque personne est unique avec ses prédispositions et ses potentiels troubles ou déséquilibres existants dont nous pensons qu’il faut tenir compte ! Rappelons que la pilule contraceptive est un perturbateur endocrinien. Dès lors que l’on met notre organisme au contact de ce genre de substances on favorise l’apparition de déséquilibres au sein de celui ci.

Ainsi, lorsque des déséquilibres sont présents on peut se poser la question : est-ce judicieux de continuer à exposer son corps à l’une des substances principales qui peut entretenir voire aggraver ces troubles ?

A quoi pense-t-on quand on parle de déséquilibres ? Cela peut être des troubles digestifs, des troubles de l’humeur important, une sensibilité au niveau du foie… Ce peut être des déséquilibres qui étaient présents avant de prendre la pilule comme des déséquilibres qui sont arrivés pendant la prise, au fil des années.

Dans ce cas, et notamment en ce qui concerne les troubles digestifs et la sensibilité au niveau du foie, nous pensons qu’il est réellement important de se demander si le sevrage ne va pas continuer d’entretenir le trouble. Au niveau digestif et hépatique (le foie), la pilule cause bien des dommages nous en parlons davantage dans cet article (5 étapes clés post pilule). Dans ce cas il est alors vraiment important d’accompagner son corps et de tenir compte de ces troubles et réfléchir à deux fois avant de pratiquer l’arrêt progressif. Si tu connais de tels déséquilibres/troubles, n’hésite pas à te tourner vers des professionnels qui pourront t’accompagner.

Si j’ai un antécédent d’arrêt de la pilule catastrophique ?

“J’avais déjà arrêté la pilule une première fois et ça avait été une catastrophe.” Ce sont des témoignages que nous avons reçu ! Et c’est souvent ces personnes là qui ont décidé de retenter l’arrêt par sevrage après leur première mauvaise expérience (souvent dû à une forte poussée d’acné).

Est-ce que ça peut donc être une solution pour toi si tu as été dans ce cas d’un premier arrêt assez compliqué ? Peut être que oui. Si l’arrêt progressif est une méthode qui te semble envisageable et intéressante, comme toujours cela dépend de chacun.

A la suite d’une première expérience d’arrêt de la pilule difficile, on peut vraiment se sentir traumatisée et complètement démunie lorsqu’on souhaite l’arrêter à nouveau. Le sevrage peut alors permettre d’être une béquille notamment psychologique. Néanmoins, il est important de rappeler que le sevrage à lui seul ne sera certainement pas suffisant pour désamorcer une éventuelle surcharge de l’organisme qui pourrait amener à une inflammation de la peau. Il convient en parallèle de bien accompagner son corps avec des mesures d’hygiène de vie (futur article comment faire son sevrage ?)

Si j’ai peur d’un retour d’acné ?

Si l’arrêt de la pilule est lié à une peur viscérale d’une apparition d’acné, il convient d’abord de comprendre ce qui peut provoquer l’acné post pilule. Pour cela, nous avons rédigé le Guide Acné Post Pilule. C’est un guide de 40 pages dans lequel on explique les mécanismes à l’arrêt de la pilule ainsi que la surcharge vécue par l’organisme. Cette surcharge qui peut engendrer une évacuation par la peau, et donc le fameux acné redouté. C’est donc déjà important de comprendre ce qu’il se passe dans l’organisme afin de comprendre que ce n’est pas une fatalité mais c’est en fait un message du corps pour montrer qu’il a besoin d’aide.

Et le sevrage alors dans tout ça ? Il peut peut être avoir son intérêt d’un point de vue psychologique car on peut avoir l’impression de moins sauter dans le vide.

Au niveau santé et réel intérêt pour limiter l’acné on a que peu de témoignages malheureusement pour pouvoir avoir un semblant de réponse. Chez certaines personnes cela semble avoir vraiment permis de réduire l’apparition d’acné. Alors que d’autres personnes expliquent que l’acné a refait surface plusieurs mois après le sevrage…

Coucou ! Pour ma part j’ai fais un premier arrêt brutal de la Diane il y’a quelques années: les effets indésirables se sont rapidement fait sentir (acné, perte de cheveux, règles irrégulières etc.) à tel point que j’ai fini par la reprendre. Puis il y’a un an j’ai décidé de l’arrêter, cette fois-ci progressivement. Le sevrage s’est bien passé, rien à signaler, je l’ai très bien vécu! Une fois l’arrêt total j’ai été tranquille les 9 premiers mois puis ça s’est nettement dégradé par la suite. Aujourd’hui j’arrive au même stade que mon arrêt il y’a quelques années sauf que cette fois-ci c’est nettement plus gérable. Je ne mets pas ça sur le compte du sevrage mais plutôt sur l’approche et l’accompagnement de mon organisme pour ce deuxième arrêt. En définitive je pense que le sevrage peut être une bouée psychologique pour se donner du temps et mieux préparer son arrêt. Sur le point de vue symptomatique je ne suis pas convaincue de son efficacité…

Anonyme, message privé Instagram

Encore une fois, il n’y a pas de vérité ultime, et la réaction dépend de chaque personne. On sait, c’est chiant ! Car on aimerait savoir si oui ou non c’est utile si on a de l’acné ou qu’on a peur d’en avoir mais malheureusement la réponse n’est pas binaire.

Notre conseil, si l’arrêt progressif semble t’intéresser, que tu as une peur viscérale d’une apparition d’acné et que selon les critères précédents c’est plutôt ok pour toi. Alors pourquoi pas essayer le sevrage mais n’oublie pas un point essentiel : en parallèle il faudra accompagner ton corps dans cette transition !

Et si j’ai de l’endométriose ou le SOPK ?

Dans le cadre de pathologies comme le SOPK ou l’endométriose est-ce que l’arrêt progressif pourrait avoir un intérêt ? En théorie, nous pensons que oui, aux vues du fonctionnement de l’organisme post pilule et de ces pathologies.

Avec le SOPK et l’endométriose, dans les deux cas, l’organisme est très sensible aux fluctuations hormonales. On note par exemple, une sensibilité accrue aux oestrogènes dans le cadre de l’endométriose (les lésions grossissent sous l’afflux d’oestrogènes) et une sensibilité accrue à la testostérone dans le cadre du SOPK (causant de nombreux troubles tels que l’hirsutisme, la résistance à l’insuline etc.).

Que ce soit pour l’une ou l’autre des pathologies, sous pilule, rien n’est soigné ou guérit. Le cycle est seulement mis en pause pour éviter les fluctuations.

De fait et en théorie, l’arrêt progressif pourrait ici être une façon de réduire progressivement la dose d’hormones de synthèse au profit, progressif aussi, de la reprise des fluctuations de nos hormones naturelles. Dans le cadre du SOPK notamment, l’objectif pourrait être d’éviter le potentiel effet rebond de la testostérone qui arrive souvent en post pilule (poussée d’acné, cycles irréguliers, hirsutisme…).

En pratique ?

Comme toujours, en pratique ce n’est pas forcément si évident et si simple. Nous avons reçu des témoignages de personnes atteintes d’endométriose qui ont tenté le sevrage puis qui l’ont arrêté en plein milieu à l’apparition de premières douleurs. Au delà de ça, nous avons eu assez peu de retours de façon générale sur le sevrage dans le cadre de ces pathologies. Encore une fois, n’oublions pas de préciser que l’arrêt progressif n’est pas la méthode la plus couramment pratiquée pour arrêter la pilule aujourd’hui.

Que faire ?

En tenant compte des points précédemment énoncés dans cet article, tu pourras déjà avoir une première piste pour savoir quoi penser de l’arrêt progressif dans ta situation. Au delà de ça, nous pensons sincèrement qu’un accompagnement avec un thérapeute te sera d’une très grande aide pour appréhender ce sevrage au mieux.

Car dans le cadre de l’endométriose et du SOPK sous cycle naturel (c’est à dire non bloqué par des hormones de synthèse) un accompagnement naturopathique est déjà souvent une aubaine pour apprendre à vivre son cycle de façon plus harmonieuse au quotidien, de façon naturelle. Donc dans le cadre d’un arrêt progressif ces conseils en hygiène de vie seront salutaires d’être appliqués dès le début du sevrage pour accompagner en douceur l’organisme.

Quid de l’avis des professionnels de santé ?

L’avis des gynécologues, sage femme ou médecin au sujet de l’arrêt progressif est extrêmement mitigé. On a envie de dire, comme pour l’arrêt de la pilule tout court, tu pourras entendre tout et son contraire.

La plupart du temps, ils sont assez peu informés sur le sujet, voire pas du tout. On le répète souvent mais ce n’est pas vraiment leur métier que de nous accompagner à arrêter les hormones de synthèse, aussi fou que cela puisse paraître.

Du coup, comme souvent il ne faut pas forcément attendre énormément de soutien de leur part. En revanche, ce qui est important c’est que quelque soit leur avis sur la question, ils n’ont pas à te dissuader ouvertement de quoi que ce soit et ils doivent respecter ton choix ! C’est un minimum. Donc si tu fais face à un praticien qui te juge, qui t’infantilise ou autre, rappelle toi que tu peux en changer !

On te redonne ici le lien vers deux sites qui répertorient des praticiens dit “plus ouverts” par région :
En Francehttps://gynandco.wordpress.com/
En Suissehttps://adopteunegyneco.wordpress.com/liste-des-soignantes/

Puis-je me faire accompagner ?

Si tu ne peux pas forcément compter sur les gynécologues pour t’accompagner pour faire un arrêt progressif, il y a d’autres professionnels sur lesquels tu peux t’appuyer.

Si on reprend les choses dans l’ordre, ce dont ton corps a besoin à l’arrêt de la pilule c’est d’être soutenu afin d’éliminer au mieux les résidus d’hormones de synthèse et l’aider à retrouver son équilibre avec les fluctuations hormonales naturelles. Pour cela, les meilleures façon de procéder sont d’accompagner notre corps avec certains ajustements en terme d’hygiène de vie, c’est en partie le coeur de ce que nous mettons en avant sur Ma Vie Après !

Un des praticiens de santé qui pourra te soutenir et te guider au fil de l’arrêt progressif c’est le naturopathe. Son approche est globale, il pourra t’accompagner afin de faire cette transition en douceur en travaillant sur des sphères qui ont un impact clé sur ton équilibre hormonal : l’hygiène alimentaire, l’équilibre émotionnelle, la capacité du corps à éliminer les déchets et toxines…

D’autres pratiques de santé complémentaires pourront t’accompagner, l’ostéopathie, l’acupuncture… Garde également à l’esprit qu’il n’y a pas une technique miracle mais plutôt plusieurs praticiens qui peuvent chacun apporter leur spécificités, en fonction de ce qui résonne en toi.

La check-list : l’arrêt progressif est-il fait pour moi ?