Salut, je suis Juliette, Co-fondatrice de Périodes, la marque de protections périodiques éthique et Solidaire. Les créatrices de « Ma Vie Après » m’ont demandé aujourd’hui de répondre à la question suivante : quelle protection utiliser après l’arrêt de la pilule ? 

Qu’en est-il des règles sous pilule ?

Lorsqu’on arrête la pilule (et je suis moi-même passée par là il y a un peu plus de deux ans), notre corps met du temps à revenir à la normale. Nous avons mis, certaines pour un an, cinq ans, dix ans, notre hypophyse (glande qui sécrète nos hormones LH et FSH, interagissant directement avec les ovaires) au repos.

Et comme nous voulons conserver l’illusion de règles, certaines pilules prévoient des « fausses règles », qui n’ont rien à voir avec des saignements classiques. On les appelle “saignement de privation”. C’est pourquoi nous n’avons que très peu de douleurs, puisque notre utérus fonctionne à l’arrêt, et notre endomètre (responsable des écoulements de sang) ne s’est pas épaissi, puisqu’il n’y a pas eu d’ovulation. Évidemment, ces processus varient d’une contraception à l’autre, et plus les contraceptifs hormonaux sont fortement dosés, moins on a nos règles. 

L’idée aujourd’hui, ce n’est pas de faire un cours sur les hormones, je ne suis même pas très calée sur le sujet. Mais de voir comment, après avoir passé des années avec des règles très peu abondantes, très peu douloureuses, et très peu contraignantes, on peut, suite à l’arrêt de notre contraception revenir à une utilisation « classique » des protections hygiéniques, et surtout réapprendre à dialoguer avec son corps.  

Quelles sont les protections périodiques qui existent ?

Pour moi, il y a trois catégories de protections hygiéniques que j’ai envie de vous présenter (ou de vous rappeler parce que je pense que vous les connaissez bien) : les protections jetables toxiques, les protections jetables BIO, et les protections réutilisables. Je vous ferais à chaque fois une petite review de ces protections, en expliquant pourquoi c’est bien, ou pourquoi c’est nul. Évidemment, mon avis n’engage que moi, et vous pourrez donner votre avis dans les commentaires. 

1 – Tampon et serviette « classique » : pourquoi les marques se moquent de nous depuis toutes ces années ? 

J’entends par tampon et serviette « classique » les marques présentes en grande surface, Des marques que vous connaissez bien, avec des codes couleurs pour connaître l’absorption, et des petites gouttes sur les tampons vous faisant croire que vous êtes tranquille 12h de suite. Des marques, qui encore aujourd’hui, ne donnent pas de composition claire de leurs produits, qui ont utilisé jusqu’à très récemment du chlore et des pesticides comme le glyphosate pour blanchir la matière fabricant les tampons, qui utilisent du plastique et des parfums très irritants dans leurs serviettes, nous vendant un idéal de « fraicheur ».  Je m’arrête là avant de vous faire peur, mais sachez que ces protections au-delà de leur aspect sanitaire, sont une catastrophe écologique, et pollue énormément, puisque que les quelques 45 milliards utilisées chaque année au niveau mondial mettent plus de 500 ans à se dégrader. 

Méfiez-vous également des tentatives de green-washing de ces marques qui sortent aujourd’hui des marques dites « naturelles ». Regardez bien la composition des produits, et faites bien la distinction entre composition 100% bio, et voile ou emballage BIO. 

C’est en prenant conscience de ces problématiques que nous avons décidé, avec mes associés, de fonder Périodes, une marque de serviettes et de tampons BIO éthique et solidaire. 

2 – Les protections hygiéniques BIO

Les protections périodiques BIO, sont, comme leur nom l’indique, en coton BIO. Saines pour le corps, avec une composition clean (uniquement du coton BIO, de l’amidon de maïs en guise de plastique protecteur) et biodégradables, assurant à la planète de ne pas étouffer dans un océan de plastique.

En créant une marque éthique et solidaire, nous avons voulu rendre accessible ces produits de qualité au plus grand nombre, et surtout les rendre gratuit pour celles et ceux qui n’auraient pas les moyens de s’en procurer. Nous avons donc créé le « P », distributeur de serviettes et tampons BIO, à mettre dans tous les lieux publics, de travail ou d’études, pour diffuser massivement l’usage des protections saines. 

Également, nous vendons en ligne des protections hygiéniques BIO, sous forme d’abonnement. Alors voici quelques conseils si tu t’intéresses à ces protections bio : 

  • Les tampons BIO se gardent jusqu’à 6h et ne se gardent pas la nuit. Ils sont géniaux pour continuer à faire tes activités du quotidien, (Sport, piscine, baignade…). Toutefois, je te suggère d’être très vigilant.e quant à l’utilisation prolongée des tampons bio, comme pour la CUP ou les tampons classiques, une utilisation trop longue (excédent les 8h), peut être dangereuse pour la santé. Il ne faut donc pas dormir avec, comme avec n’importe quelle protection interne. (en savoir plus sur le choc toxique avec la vidéo de l’INSERM)
  • Les serviettes hygiéniques BIO sont géniales à utiliser à chaque fois que tu as tes règles, elles ont un confort inégalable (car oui, elles sont composées uniquement de coton, et n’ont pas ni ce parfum atroce qui sent la lavande ou la « fraicheur » ni cette couche de plastique directement en contact avec ta peau et te fait transpirer terriblement.) Nombreuses de nos clientes nous disent que les mycoses, irritations et autres rougeurs ont complètement disparu, et qu’elles revivent. Pour moi, c’est la solution idéale après une prise d’hormones comme la pilule, car ça peut t’aider à ré-apprivoiser ton corps, et surtout tes règles. C’est l’occasion de réapprendre à quoi ressemble ton cycle classique, qui peut mettre parfois plus d’un an à revenir à la normale. 

 3 – Les protections réutilisables : 

Cette catégorie, je te la présente à travers ma propre expérience, car c’est un domaine où je connais un peu moins de choses, étant donné que j’en ai moins utilisé. Sache que ces protections impliquent d’être à l’aise avec son corps, et d’avoir le temps et la possibilité de pouvoir en changer régulièrement. Je sais par exemple que lorsqu’on travaille, ce n’est pas toujours évident d’utiliser la CUP ou la culotte menstruelle. 

  • La culotte menstruelle : cette protection réutilisable prend la forme d’une culotte classique, et a un côté renforcé au niveau de l’entrejambe pour la rendre étanche, pouvant ainsi la porter tranquillement pendant ses règles. Vous pouvez aisément la garder jusqu’à 8h, et même dormir avec. Personnellement, je n’ai jamais testé, mais j’en ai commandé une chez Fridas underwear, justement pour voir ce que ça peut donner. J’ai envie de l’utiliser la nuit, pour être tranquille, mais je n’ai pas prévu pour le moment de l’utiliser dans la journée (d’autant plus que j’en ai qu’une).  Je ne suis pas la mieux placée pour vous la présenter, mais je trouve le concept vraiment cool justement si vous avez des règles abondantes et que vous voulez être tranquille la nuit. 
  • La CUP : Celle-là, je pense que vous la connaissez. Petit récipient en silicone, elle fait partie des protections internes et s’insère dans le vagin. Je l’ai utilisé pendant un an à peu près, et je vous donne donc quelques petits conseils d’utilisations :  
  1. Avoir une cuisine, ça parait simple dit comme ça mais lorsqu’on est étudiante, on n’a pas forcément accès à une cuisine. Et comme la CUP se stérilise à chaque début de règles, il vaut mieux pouvoir le faire sans courir avec sa casserole. 
  2. Vivre seule ou avec des gens avec qui vous êtes très à l’aise, pour pouvoir faire bouillir votre CUP en toute tranquillité. Une des raisons qui ont fait que je n’ai pas continué la CUP, c’est que j’ai dû vivre un temps chez mon oncle et ma tante de 60 ans, et que je n’étais pas très à l’aise avec le fait de stériliser ma CUP chez eux. 
  3. Accessoirement, avoir accès au travail ou en études, à un lieu pour rincer votre CUP entre deux usages, ce qui n’est pas chose facile. 

La CUP implique que tu sois à l’aise avec ton corps, et que tu n’aies pas de vaginisme ou peur d’insérer la CUP dans ton corps. Je te conseille fortement de ne la mettre qu’aux gros jours de flux, ce n’est pas fait pour le Spotting. Pareil que pour le tampon BIO, elle n’exclue pas les risques de choc toxique, et il ne faut surtout pas dormir avec. 

Comment choisir sa protection périodique ?

Comme pour beaucoup de choses dans la vie, les protections hygiéniques sont diverses et variées? Il n’y a pas de méthode idéale, il y a juste une méthode idéale pour toi. Comme avec la contraception finalement, notre rapport aux protections hygiéniques est très personnel, et ce que je te présente ici ne reste que mon avis. Je suis très contente d’utiliser des protections BIO, car elles correspondent parfaitement à mon rythme de vie et à mon travail. Je les ai découvert au moment de monter ma boite, et c’est devenu pour moi une évidence de les proposer. 

Je comprends aisément que les protections réutilisables aient un attrait plus fort pour les personnes sensibles à l’écologie et qui veulent changer leur mode de consommation. 

A travers Périodes, nous voulons proposer une alternative saine et responsable à des personnes qui ne se sentirait pas de sauter le pas du réutilisable, pour tout un tas de raison. Pas de jugements ici, que des solutions. 

Pour en savoir plus sur ce que Périodes propose, je te laisse cliquer ici

De mon côté, je remercie « Ma Vie Après » de m’avoir demandé d’écrire sur le sujet, et pour le boulot incroyable qu’elles font au quotidien.