Si nous pouvons être d’accord sur une chose, c’est bien que la contraception est une affaire de couple ou plus largement, de partenaires. La femme a durant des années portée ce lourd fardeau, bien souvent au péril de sa santé et parfois de sa vie, n’ayons pas peur de le dire. Nous vivons dans une société patriarcale qui fait peser de lourdes charges sur la femme. Aujourd’hui, il est tant que la charge contraceptive soit distribuée.

Comment faire pour que la contraception soit également l’affaire de l’homme ?

Mais comment faire ? Nous n’accusons pas ici les hommes en eux-mêmes. Ce n’est pas la question. Femmes comme hommes ont été élevés avec cette même pensée : la femme doit prendre en charge la contraception sur le long terme. C’est bien simple, le schéma le plus commun est la pratique de l’acte sexuel avec un préservatif les premiers temps d’une relation pour éviter les IST. Puis, prises de sang pour analyse des maladies ou non. Et ensuite, pratique de la sexualité sans protection barrière et donc sous pilule la majorité du temps (en France en tout cas). Lorsque nous exposons ce schéma de cette manière, tout paraît simple. Et ça l’est finalement. Mais ça paraît aussi très ridicule et injuste. Et là encore, c’est le cas.

Alors, ne serait-il pas temps d’inclure notre partenaire masculin dans la contraception ?

Quel moyen de contraception après l’arrêt des hormones chez la femme ?

Nous le savons, à l’arrêt de la pilule, beaucoup de questions sont posées au sein du couple. Dont la fameuse question : Comment va-t-on se protéger ? Certains hommes peuvent avoir des réponses très bizarres, surprenantes voir énervantes face à la réponse “Le préservatif”. Rappelons-le : c’est un excellent moyen de contraception qui permet en parallèle de permettre à la femme de retrouver ces cycles menstruels naturels. Mais d’autres hommes (ou ceux-là même mais après avoir pris le temps qui leur fallait pour s’informer), se rendent compte de l’injustice qui planent autour de cela. Ils décident donc de se renseigner sur les contraceptions masculines.

Et là… Ils tombent des nus. Finalement, il n’existe pas énormément de contraception dédiée aux personnes avec un pénis. C’est d’ailleurs également le cas chez les femmes lorsque l’on commence à vouloir se renseigner sur des contraceptions sans hormones et non invasives.

Chez les femmes, c’est bien simple il reste (en méthode non invasive donc exit le stérilet au cuivre) : le préservatif féminin, le diaphragme et la méthode des indices combinés. Chez les hommes, c’est le sujet de l’article d’aujourd’hui.

Ainsi, dans cet article, nous avons décidé de mettre en lumière les différentes méthodes de contraceptions masculines. Certes elles ne sont pas nombreuses mais il est important de savoir qu’elles existent :

  • 1/ pour les démocratiser
  • 2/ plus il y aura de demandes, plus elles seront facilement accessibles

Une petite donnée importante pour se rendre compte de l’injustice qui tourne autour de la contraception :

Seul deux gynécologues en France prescrivent des contraceptions masculines.

L’éducation sexuelle

Avant de passer à l’énumération des différents contraceptifs masculins, nous pensons qu’il est important de parler de la déconstruction de nos idées vis-à-vis de la contraception. Dès notre adolescence, nous avons appris que nous sommes fertiles, et qu’il faut prendre cette donnée en considération et se protéger. Cela sous-entend, aller chez le gynécologue et prendre un contraceptif. Et c’est peut-être dès l’éducation qu’il y a un problème. Fait-on suffisamment comprendre aux jeunes garçons de leur fertilité ?

Doit-on encore une fois rappeler que les femmes ne sont pas fertiles tout leur cycle et toute leur vie ?

Alors que cela est bel et bien le cas pour les hommes. Si dès leur plus jeune âge, les garçons prennent conscience de leur fertilité mais aussi de leur responsabilité partagée dans le cadre d’une grossesse, cela pourra changer grandement les choses. Il est temps que les hommes ait conscience de l’impact qu’ils peuvent avoir lors des rapports sexuels.

La contraception définitive : La vasectomie

Passons dans le vif du sujet : la contraception. Bon, nous ne commençons pas par une contraception réversible mais, il est intéressant de la présenter et de comprendre son fonctionnement. La vasectomie est considérée comme une contraception définitive. Le taux de retour est trop faible pour être considéré comme contraception réversible. Ainsi, plutôt que de parler de contraception nous allons parler de stérilisation.

Comment fonctionne-t-elle ?

Le sperme est composé essentiellement de sécrétions de la prostate et des vésicules séminales. Les spermatozoïdes ne sont produits que par les testicules.

L’éjaculat est donc composé de ces trois éléments dont seulement 2 à 3 % de spermatozoïdes. Ces derniers sont acheminés par les canaux déférents. Ainsi, la vasectomie consiste à sectionner ces canaux déférents. L’éjaculat n’est quasiment pas modifié mais il ne contient plus de spermatozoïdes. Il garde donc la même apparence.

L’intervention est pratiquée par un urologue et ne dure que quelques minutes. Elle est efficace dans un délai de 2 à 3 mois car les vésicules séminales stockent les spermatozoïdes. Il faut donc un délai pour que ceux-ci soient totalement éliminés.

La contraception masculine à hormones : Les injections contraceptives de testostérones

C’est la contraception hormonale pour les hommes. Mais contrairement à celle féminine, celle-ci est limitée à 18 mois d’utilisation et ne devient efficace qu’au bout de 3 mois d’injection.

Comment fonctionne-t-elle ?

Chaque semaine, la personne doit se faire injecter de l’énanthate de testostérone en intramusculaire. Le taux de testostérone augmente et indique au cerveau une production élevée de spermatozoïdes. Le cerveau comprend ainsi qu’il ne faut plus produire de spermatozoïde et arrête cette production.

Comment se faire prescrire cette méthode de contraception ?

Rappelons toutefois que cette contraception consiste en l’injection d’hormones de synthèse. Cela nous rappelle donc la pilule ou toutes autres méthodes contraceptives féminines à hormones. Et ici aussi, il existe des effets secondaires que l’on qualifie comme proche de ceux de la pilule. Malgré tout, cette méthode peut convenir à de nombreux hommes comme la pilule convient à de nombreuses femmes. Mais il y a un hic : seul un médecin en France prescrit cette méthode (Jean-Claude Soufir, andrologue à l’hôpital Cochin à Paris).

Qu’en est-il de la pilule pour homme ?

Tu as certainement pu voir passer cette information sur internet : une pilule pour homme est actuellement en test. Elle n’est pas encore disponible sur le marché. Nous ferons un édit de cet article si tel est le cas un jour. En attendant, cela reste une contraception à hormones.

La contraception qui n’est pas encore disponible

Ici, nous allons vous parler de deux méthodes qui ne sont pas encore disponibles sur le marché. Du moins à notre connaissance et à ce jour. Toutefois, il est vraiment important d’en parler. Ce sont des pistes à développer. Et plus la demande sera grande, plus il y aura de chances que des fonds soient disponibles pour la recherche sur les contraceptions masculines.

Dans les deux cas, il n’y a que peu d’expériences qui ont pu être réalisées mais elles semblent temporaires et très efficaces. Nous allons donc juste vous expliquer le principe sans pouvoir plus les approfondir.

Le vasalgel

Le vasalgel consiste à boucher les canaux spermatiques, ceux-là même qui emmène les spermatozoïdes dans l’éjaculat. Une fois injecté dans les canaux déférents (voir plus haut dans la partie vasectomie), ce gel adhère aux tissus et bloque le passage des spermatozoïdes. Il n’y a donc pas d’utilisation hormones et il apparaît que ce gel serait efficace 12 mois sur un test chez le lapin.

Minivalve

Comme pour la méthode précédente, le but est donc de bloquer les canaux déférents par une minivalve. Dans ce cas, la minivalve bloque ou libère les spermatozoïdes en actionnant une sorte d’interrupteur on/off implanté dans les canaux des testicules.

La contraception que beaucoup pointent du doigt : Le préservatif

Nous t’en parlions dans cet article : le préservatif est ton allié. Après l’arrêt de la pilule, durant la période de transition ou même en tant que contraception durable, le préservatif n’est pas une option à mettre de côté. C’est même une solution essentielle. C’est souvent une solution que l’on pointe du doigt, on ne la considère pas comme une contraception durable mais plutôt temporaire. Cela s’explique par différents éléments : la société, l’éducation ou encore la charge contraceptive.

Mais savais-tu qu’il existait un grand nombre de préservatifs : avec ou sans nervure, plus ou moins fin, sans latex, végan, etc. Bref, dire qu’on ne supporte pas le préservatif est un raccourci. Il existe très certainement un préservatif qui te convient mais ça nous en ferons un article dédié ! En attendant, tu peux jeter un œil au site Le Roi de la Capote.

Les contraceptions que personne ne connaît :Les contraceptions masculines thermiques

Le principe de cette contraception repose sur le fait que les spermatozoïdes ne survivent pas au-delà d’une certaine température. Pour cela, il suffit de rapprocher les testicules au corps pour que la chaleur corporelle augmente la température au sein même des testicules.

Le slip chauffant

Appelé également “boulocho”, ce slip chauffant n’est pas électrifié. Il se présente comme un slip classique avec un trou à l’avant. La verge est glissée dans celui-ci avec les testicules en position remontée. Ces dernières remontent et sont au chaud. La température augmente ainsi de deux degrés. La production de spermatozoïdes est quasiment arrêter.

Ce slip chauffant doit être porté au moins 15 heures par jour pour être efficace.

Où se le procurer ?

Ici, encore, seul un docteur en France propose de fournir ce sous-vêtement ainsi que de faire un suivi médical. Et comme nous nous en doutons tous/tes, il est très demandé et ne peut malheureusement pas satisfaire tout le monde.

L’association Ardecom (dont nous parlons plus bas) propose des tutoriels pour expliquer son fonctionnement, des ateliers et même des tutoriels en ligne pour le réaliser (voir liens juste après).

L’anneau testiculaire

Dans le même principe, un infirmier a créé l’”Androswitch” ou l’anneau testiculaire. L’avantage ici est qu’il suffit d’un seul exemplaire. De la même manière que pour le boulocho, l’anneau doit être porté 15 h par jour et consiste à remonter les testicules dans le canal inguinal pour les maintenir au chaud.

Des méthodes efficaces mais qui ont besoin de développement

Il est fort probable que tu aies, encore plus si tu es un homme, un peu de mal dans un premier temps à comprendre ces deux méthodes. Mais en vérité, elles sont très intéressantes à creuser. L’avantage premier de ces deux méthodes est qu’elles n’ont aucun effet secondaire, tout en étant efficace. Bien qu’il y est très peu d’études sur le sujet pour faute de moyen mis à disposition pour la contraception masculine, ce sont clairement des méthodes qui demandent à être développées. Elles montrent aussi que les hommes ont à disposition des solutions efficaces, non invasives, sans aucun risque mais que malgré tout, elles sont souvent passées sous silence et sont difficilement accessibles.

En parler, c’est faire avancer les choses dans le bon sens sur ce sujet.

Voici quelques liens qui pourront t’aider si tu souhaites développer plus le sujet :

L’association Ardecom

Nous avons eu envie de mettre en lumière l’association pour la recherche et le développement de la contraception masculine (L’Ardecom) dans cet article. Comme tu auras pu le comprendre, cette association a pour but de faire avancer les recherches et le développement des contraceptions masculines, trop rares sur le marché actuelle, et encore plus en France. Pour mieux comprendre l’association et son intérêt, nous t’invitons vivement à consulter le site. Tu peux également adhérer à l’association et contribuer au développement de celle ci.


Ainsi, il reste beaucoup à faire du côté des hommes. Les techniques de contraceptions masculines thermiques demandent à être développées et à être démocratisées. Le futur de la contraception se trouve aussi certainement du côté masculin. De notre côté, nous sommes conquises par les méthodes naturelles chez les hommes. Nous les imaginons en complément d’une contraception naturelle féminine. La charge contraceptive est alors entièrement partagée avec une compréhension complète et un respect total du fonctionnements des corps de chacun.

Avais-tu déjà entendu parler de toutes ses méthodes de contraception masculine ? Vas-tu approfondir le sujet avec ton partenaire ?

Source : Marre de souffrir pour ma contraception de Sabrina Debusquat

Ardecom